vendredi 16 août 2013

LA GENEALOGIE SCIENCE DES PUISSANTS

Sous l'Ancien Régime, la généalogie était une science indispensable, non seulement aux prétendants au trône, mais aussi à l'aristocratie . Il existait un réel fossé entre la noblesse et le tiers état, auxquels s'appliquaient des règles différents . Prouver que l'on était "bien né" était une nécessité .

LA GENEALOGIE SCIENCE ROYALE

Longtemps, seules les puissants eurent une généalogie, à l'instar de celles des dieux grecs détaillée dans la Théogonie d'Hésiode .
Vinrent ensuite les rois, représentants de Dieu sur terre . Ce furent en France les Mérovingiens, issus de Mérovée ; les Carolingiens, issus de Carolus, surnommé "magnus" ; puis les Capétiens, issus d'Hugues Capet (987), Hugues signifiant le "chef", et le latin caput, la "tête" . Chef d'une "lignée", sa dynastie régna sans interruption jusqu'à Louis XVI, le roi "décapité" .
Les titres se rapportent aux familles servant cette dynastie furent conservés par les familles d'abord, puis dans le cabinet des Titres .

L'ORDRE DE SUCCESSION

La généalogie s'est d'abord intéressée aux dynasties .
Qui doit régner et dans quel ordre ? L'ordre de succession au trône imposé fut celui de la primogéniture : le fils premier né du roi succède au père défunt .
En 1328, la loi salique imposa en France la succession de mâle  à mâle, afin d'empêcher la couronne de tomber dans les mains du roi d'Angleterre, issu d'une princesse française .
La généalogie était ainsi source de tous les enjeux politiques ! Elle n'était pas liée au pouvoir . Elle était le pouvoir . Tout pouvoir monarchique européen - en dehors de quelques couronnes électives, comme la couronne de Pologne - appartenait à tel ou tel prince en fonction de sa place dans l'arbre généalogique .

DES CAPETIENS AUX CAPETIENS - BOURBONS

A l'intérieur des dynasties, il fallut donc distinguer les "branches" issues du même tronc . Une fois éteints les Capétiens directs - qui se sont succédé de père en fils jusqu'en 1328 - , leurs cousins Capétiens - Valois héritèrent de la couronne . Quand ceux-ci s'éteignirent, un très lointain cousin, issu du neuvième fils de Saint Louis - Robert, comte de Clermont -, hérita du royaume : Henri de Navarre, devenu roi sous le nom d'Henri IV (1589-1610) . Ce dernier appartenait à la branche des Capétiens-Bourbons, à laquelle seront rattachés tous les rois jusqu'à Charles X (1824-1830) inclus .
La succession se faisait par substitution : en cas de prédécès de l'aîné, la couronne ne revenait pas au cadet, mais au fils aîné du fils du prédécédé .

LA GENEALOGIE, SCIENCE ARISTOCRATIQUE

Science royale, la généalogie était aussi aristocratique . Sous l'Ancien Régime, c'était une nécessité pour la noblesse .
Pour bénéficier de certains privilèges, il fallait fournir des preuves, garantir que l'on n'appartenait pas au tiers état roturier, établir sa généalogie .
En effet, seuls payaient la taille ceux qui n'avaient pas de généalogie : les vilains, attachés au domaine . "Taillables et corvéables à merci", ces derniers restaient sur le domaine de génération en génération, d'où leur nom de "manants" (du latin manere, rester). Hommes libres, ils étaient supérieurs aux serfs, qui tiraient, eux, leur appellation d'une condition précaire (servus signifie "esclave") : ces derniers ne "s'appartenaient" pas ; se suicider était voler son maître, d'où la pendaison posthume .

DES CHARGES ET PLACES RESERVEES AUX NOBLES

Prouver son "extraction" pouvait aussi s'avérer nécessaire pour entrer au service du roi .*
En nombre de cas, il fallait prouver au moins quatre degrés de noblesse paternelle ou "trois races nobles" : père, grand-père, bisaïeul du nom, l'impétrant constituant le quatrième degré .

Par exemple :
  1. La Petite et la Grande Ecurie : les "trois races", s'imposaient pour servir comme page dans la Grande ou la Petite Ecurie du Roi, distinctes l'une de l'autre depuis 1582 . Les dossiers afférents sont conservés à la Bibliothèque nationales depuis 1643 .
  2. Les "honneurs de la Cour" : ceux-ci furent réglementés seulement à partir de 1759, du fait de la multiplication des demandes . ils constituaient à être "présenté au roi", "monter dans ses carrosses" et l'accompagner à la chasse .
  3. Les chapitres nobles : il fallait pour ces charges prouver la noblesse de ses huit arrière-grands-parents (huit quartiers) . Les filles devenaient alors chanoinesses de Remiremont au diocèse de Toul, de Saint Louis de Metz, de Neuville en Bresse, d'Alix en Lyonnais, de Leigneu en Forez, de Maubeuge en Cambrésis .
N'étant pas religieuses, elles pouvaient, toutefois se marier et faire souche . Les garçons, eux devenaient chanoines-comte de Lyon, de Brioude, de Mâcon, de Saint-Claude .
  • L'école de Saint-Cyr : cet établissement, créé en 1686 par Mme de Maintenon, n'accueillait que des jeunes filles de la noblesse pauvre ; il fut fermé en mars 1793 .
  • L'accès à la marine : en vertu de l'ordonnance de 1689, seuls les nobles pouvaient devenir gardes de la marine à Brest, Toulon ou Rochefort, compagnies créées en 1683 . Mais, de ce fait, peu nombreux furent ceux qui fournirent des preuves .
  • L'accès aux armées : à partir de l'édit de Ségur, en 1780, l'obtention d'un emploi dans les armées, et, par conséquent, l'accès aux écoles militaires furent réservés à l'aristocratie . Bonaparte a ainsi dû prouver la noblesse ajaccienne de ses ancêtres .
Extrait du Larousse de Généalogie




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