jeudi 5 septembre 2013

DES ANCETRES MUSULMANS

Les musulmans étaient totalement absents du royaume de France sous l'Ancien Régime . Ils n'apparaissent qu'à  partir de la conquête de l'Algérie en 1830 . Plus tard, la Tunisie et le Maroc seront, l'un après l'autre, sous protectorat français . Ainsi, les musulmans qui résident actuellement en France sont essentiellement originaires de ces trois pays .


UN PATRIMOINE ORAL


Il n'y avait pas dans les pays musulmans de registres analogies à nos registres paroissiaux, de sorte que les recherches sont rapidement interrompues par le manque de documents . Par contre, les traditions orales étaient très vivantes et, du moins dans les familles importantes, les généalogistes se transmettaient de génération en génération . Malheureusement, l'émigration vers la métropole s'est souvent accompagnée d'une perte de ce patrimoine oral, de sorte que les musulmans ne disposent pas de sources très anciennes pour remonter leur ascendance .


L'ALGERIE


L'état civil que nous connaissons en France a été institué en Algérie dès les premières années de la conquête et il a été tenu jusqu'à l'indépendance de ce pays en 1962 .
Toutefois des registres différents étaient tenus pour les Européens, les juifs et les musulmans, et leur instauration s'est faite de manière progressive . Comme toujours, les villes importantes ont été plus rapides que les villages à ouvrir des registres .
Ceux-ci étaient tenus en double exemplaire, mais tous deux sont restés sur place lors de l'indépendance . Une campagne de microfilmage a été lancée pour que ceux-ci puissent également être consultés en France, mais elle ne concerne pour l'instant que deux tiers environ des registres . De nombreux musulmans originaires d'Algérie, comme d'ailleurs les descendants européens qui s'y étaient installés, sont ainsi actuellement privé de la possibilité de retrouver leur racines .
Les microfilms disponibles sont conservés et consultables à Nantes, au service central de l'état civil, mais ils concernent très minoritairement les musulmans .
Ainsi, pour la ville d'Alger, les registres disponibles commencent pour les Européens en 1832 pour les mariage et en 1871 pour les naissances, mariages et décès, mais ne couvrent que les années 1855-1856 et 1858 pour les musulmans .
Il est alors nécessaire d'avoir recours à d'autres sources, telles que les dénombrements de la population . Quatre ont été effectués en 1906, 1911, 1931 et 1954 . Les imprimés comportent des colonnes précisant l'origine des individus . On distinguait ainsi :
  • les Européens français : français d'origine naturalisés par décret individuel, naturalisés par la loi 1889, naturalisés par le décret de 1870, juifs et fils de naturalisés par le décret de 1870 ;
  • les Européens étrangers : Espagnols, Italiens, Maltais et autres
  • les indigènes : Algériens et sujets français
  • les étrangers : Marocains, Tunisiens et autres .
Ces précisions peuvent orienter les recherches vers d'autres sources, telles que les listes électorales . Il est en effet possible d'y avoir recours, mais celles-ci ne concernent que les citoyens de nationalité française pour la période antérieure à 1894, et bien peu de musulmans l'avaient alors acquise . Ceux-ci pouvaient en effet devenir français sous les conditions définies par un sénatus-consulte de 1865 : être âgé de 21 ans et bénéficier d'un décret rendu en Conseil d'Etat .

En 1919, un loi a modifié les conditions d'obtention de la nationalité française : être âgé de 25 ans, célibataire ou monogame, avoir deux ans de résidence consécutive dans la même commune et n'avoir pas subi de condamnation ou de peine disciplinaire pour des actes d'hostilité envers la souveraineté française . Enfin, après 1944, tout musulman de sexe masculin pouvait devenir français s'il appartenait à des catégories bien définies .

Après 1894, les listes électorales distinguaient donc les "français" -regroupant les citoyens français et les musulmans ayant acquis la nationalité française- et les "musulmans" - dénommés successivement indigènes, musulmans puis français musulmans - membre du 2 ème collège .

Enfin, les autres documents concernant l'Algérie, tels que transactions, partages, titres de propriété ou demandes de concessions ne concernent pratiquement jamais la population musulmane .


LA TUNISIE


Des registres d'état civil ont été établis par les autorité française de 1884 à1956 . ils concernent la totalité de la population, qu'elle soit d'origine européenne ou tunisienne .
Après la fin du protectorat français, ces registres sont restés sur place, mais il en a été établi des microfilms qui son conservés et consultables à Nantes .


LE MAROC


De même que pour la Tunisie, des registres ont été tenus en trois, puis deux exemplaires de 1815 à 1956 . Un de ceux-ci est conservés et consultable à Nantes .
Avant la présence française, l'état civil était tenu dans les consulats et ne concernait donc, comme dans tous les autres pays étrangers, que les citoyens français résidants dans le pays, à l'exclusion de tous les musulmans marocains .














D'après un article de Larousse de la généalogie Généalogie : recherchez vos ancêtres, publiez votre généalogie, consultez l'état civil ... Trafic Booster Annuaire pro libarticom