lundi 1 septembre 2014

LA REVOLUTION DANS LES NOMS DE LIEU

De la même façon qu'elle a voulu épurer le calendrier de ses prénoms à consonance religieuse, la Révolution française a également essayé d'adapter les noms de lieux à sa nouvelle idéologie . 
En la matière, la religion n'est pas la seule visée : tout ce qui rappelle la noblesse ou l'ordre ancien est aussi traqué . Des milliers de communes changent ainsi d'appellations, tandis que les noms des nouveaux départements se substituent à ceux des anciennes provinces . 



LE TERRITOIRE : UN ENJEU POLITIQUE MAJEUR 



Nommer le territoire national est un acte politique fondateur ; pour les acteurs de la Révolution, il s'agit d'inscrire le nouvel ordre dans l'espace, en bannissant tout ce qui pourrait, dans les toponymes, se référer à la religion, la monarchie ou l'aristocratie . Ce mouvement, qui prend véritablement corps après le 10 août 1792, date de l'arrestation du roi, se situe dans un contexte particulièrement difficile pour le nouveau régime qui doit faire face aux ennemis extérieurs coalisés contre lui et aux mouvements royalistes intérieurs . En septembre 1793, la Convention installe ainsi un régime de terreur qui radicalise le rejet de l'ordre ancien, y compris en ce qui concerne les toponymes et les prénoms . Le décret du 25 vendémiaire an II (16 octobre 1793) incite donc les communes à changer "les noms qui peuvent rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou de la superstition " et " à s'en occuper incessamment" . Ces communes doivent envoyer un pétition au comité de division de la convention de leur territoire, pour faire valider leur nouveau toponyme . Une commission est chargée d'établir une liste de désinences pour servir à la formation de ces noms, ainsi qu'une liste des communes qu'il faudrait débaptiser . L'initiative du changement est laissée aux municipalités mais, dans le climat de suspicion et de terreur qui règne alors, les communes ayant un nom "suspect" préfèrent en changer et les commissions sont débordées . 



BANNIR LES SAINTS 



Les changements de noms s'inscrivent d'abord dans le combat contre le catholicisme, qui, étant religion d'Etat sous l'Ancien Régime, incarne au premier chef la monarchie honnie . Les très nombreux toponymes liés à un saint ou à une église sont donc modifiés et le mot "saint" disparaît . Saint Yriex devient simplement Yriex, mais le plus souvent "saint" est remplacé par autre chose : une caractéristique du lieu ou une référence à la Révolution . Parfois, les deux substitutions ont lieu, comme pour Saint Cloud qui devient Pont la Montagne, toponyme qui ne rappelle en rien celui d'origine . 



NOBLESSE ET CHATEAUX 



Les toponymes rappelant nobles et châteaux suivent le même chemin . Le roi et la reine sont les premiers visés : Bourg la Reine est rebaptisé Bourg Egalite . 



LES DEPARTEMENTS 



L'action révolutionnaire ne consiste par uniquement à modifier les toponymes "incorrects", mais aussi à créer des noms pour des entités territoriales qui n'existaient pas auparavant, comme les départements . Ceux ci, créés en janvier 1790, se voient attribuer des noms descriptifs, qui donnent la préférence aux notations géographiques . 
Ces toponymes liés à l'hydrographie ou au relief sont aussi adoptés par les communes rebaptisées, comme Quimper qui devient Montagne sur Odet . Parfois, on revient à d'anciennes appellations .
Si les noms des départements survivent pour la plupart à la Révolution, les autres toponymes disparaissent peu à peu pour revenir aux anciens .  













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