jeudi 6 juin 2013

L'ALCHIMISTE

Si la figure de Frollo, le diacre alchimiste de Notre Dame de Paris, se teinte de fantastique, elle ne correspond guère à ce que sont les alchimistes du Moyen Âge .Même si leur quête a leur part de secret, ils ont pignon sur rue et se recrutent dans toutes les classes de la société .
 
Artisanat, science ou mystique ?
 
Pour l'alchimiste, le travail sur la matière est indissociable d'une recherche mystique . La transmutation des métaux en or ou la recherche de la panacée, relèvent d'une tentative de pénétrer le secret de la création et de la vie, pour revenir à la perfection morale antérieure au péché originel . Le statut de l'alchimiste est donc ambigu . Si son but n'est pas de fabriquer des objets, il exerce néanmoins un art dit "mécanique", comme les artisans . S'il n'enseigne pas à l'université, il est pourtant considéré comme un savant . Enfin l'église condamne les "faiseurs d'or", elle abrite aussi des laboratoires dans ses couvents .
 
Le Grand Oeuvre : un parcours initiatique
 
L'alchimiste travaille sur diverses substances pour en extraire l'essence, par distillation, évaporation, combustion ou sublimation . Son laboratoire comprend donc un foyer, des pinces et des tisonniers, des bocaux, un alambic, des creusets, un sablier puis une horloge pour mesurer le temps et souvent un miroir pour capter la lumière des astres .
Le Grand Oeuvre se déroule en trois phases censées transmuer le plomb en or et apporter la perfection à l'homme : l'oeuvre au noir qui isole les éléments, l'oeuvre au blanc qui les "ranime", et l'oeuvre au rouge qui produit le Pierre Philosophale . Le Grand Oeuvre s'effectue dans un four, l'athanor, qui accueille l'oeuf philosophique, un récipient ovoïde, où on place les matières à transformer . Ces opérations durent plusieurs mois et nécessitent une surveillance constante du four, ce qui explique que l'alchimiste travaille rarement seul . Cette quête s'apparente à un parcours initiatique et exige de hautes qualités morales et une certaine ascèse . D'ailleurs, le laboratoire est toujours flanqué d'un oratoire pour prier et méditer .
 
Alchimistes et charlatans
 
Les alchimistes, même s'ils gardent une part de secret sur leurs activités, ne travaillent pas dans la clandestinité . Beaucoup sont médecins . Ils collaborent fréquemment dans leurs recherches, ils se rencontrent à l'église, certains travaillent pour de riches mécènes . Ils apprennent l'alchimie dans les livres, mais surtout auprès d'un maître qui les prend pour disciples .
Cependant, à côté des alchimistes "sérieux" il existe de nombreux charlatans, "souffleurs" et "faiseurs d'or" qui abusent de la crédulité de la population . souvent itinérants, bonimenteurs, ils vont par les rues et sur les place pour appâter le client .
 
Déclin et renouveau
 
Au XVII e siècle, la chimie se sépare de l'alchimie, la rupture étant consommée au siècle suivant avec les travaux de Lavoisier . L'ère de l'alchimie est alors révolue, jusqu'à un retour en grâce au début du XX e siècle .
 
 
D'après un article de Florence Fourré-Guibert

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