samedi 27 juillet 2013

UNE POLICE MAL LOGEE ET MAL FAGOTEE ......CONTRE LA PEGRE DE L'EPOQUE

Chapeau melon, veston fatigué et gros brodequins : la police lyonnaise en 1900.... A la charnière des XIX et XX ème siècles, il y avait fort à faire avec bandits criminels de toutes sortes . En témoigne la "Une "des journaux de l'époque consacrée à quelques figures patibulaires ... Pour leur faire pièce, la police locale apparaissait bien démunie .

LES LOCAUX DE LA POLICE LYONNAISE : " UN TAUDIS" PRÈS DU PALAIS DE JUSTICE

Le commissaire Degoutte, dans ses "Mémoires d'un policier", préfacés par Edmond Locard raconte : "En l'an 1900, le sergent de la Sureté fonctionnait dans le Palais de Justice, le monument" aux Vingt-quatre Colonnes" . Quotidiennement, nous pénétrions dans les locaux qui nous étaient réservés par le numéro 35 de la rue Saint-Jean . Nous nous sommes toujours demandé quel pince-sans-rire ou quel architecte halluciné avait pu concevoir qu'un service aussi important dût être casé dans un pareil taudis . Ce qu'il y a de plus extraordinaire, c'est que le personnel dont l'importance n'a cessé de s'accroître, est logé, constatera-t-il des années plus tard dans les mêmes locaux malsains, malpropres, étroits, sans air et sans lumière .
Une situation quasiment intenable . Mais serait-ce à ce propos qu'en mai 1905, les policiers de Lyon se mirent en grève, provoquant un scandale aux yeux d'une opinion peu réceptive devant ce genre de manifestation des forces de l'ordre ? Pas du tout : la question en litige touchait à la retraite ! Mais elle déclencha par la même occasion ....une "guerre des polices", puisque ce sont les gendarmes qui furent chargés d'expulser les grévistes des postes de police !
Pour en revenir à l'insalubrité des locaux de la Sûreté lyonnaise, le phénomène touchait aussi les commissariats," tout aussi mal aménagés et malpropres .....Ils comportaient généralement un rez-de-chaussée noirâtre, enfumé, nauséabond ....Nous avons connu un bureau ou les water-closets étaient placés dans la salle même du public " . Au moins les commissaires faisaient figures, à l'image de ces temps plus anciens où ils étaient coiffés d'un haut-de-forme, sanglés dans une jaquette aux longs pans majestueux et parfois une redingote noire et un col blanc rigide . Hélas, la tenus était voyante et un commissaire de police de la Guillotière, un dénommé Montial, en fit les frais . Un soir où il traversait la place du Pont, il trouva sur son chemin un "pâle voyou" : "Je parie que c'est le commissaire", s'écrial'apache, qui sortit un long couteau qu'il enfonça dans le ventre du malheureux .

L'INSPECTEUR GONNARD, POLICIER ÉMÉRITE

Des noms sont restés gravés dans les annales de la police lyonnaise .Le secrétaire général pour la police, M.Cacaud, "dont la silhouette évoquait celle du malheureux président Sadi Carnot ",fut d'une aide précieuse pour la mise en place du laboratoire de police Edmond Locard .
Moine-Picard, lechef de la Sûreté lyonnaise, et son adjoint, le commissaire Degoutte . L'un des fleurons de la Sûreté à l'époque, l'inspecteur principal Gonnard qui, a lui seul, constituait un livre d'histoire policière . A sa mort, qui surviendra en 1930, le journaliste lyonnais Petrus Sambardier écrira : "Gonnard aurait pu, s'il avait voulu violer ses abîmes de secrets, fournir à un nouveau Balzac les éléments d'une toute nouvelle Comédie humaine . Durant vingt ans, associé dans les plus fameuses et plus difficiles recherches au juge d'instructions Benoist, il forma, avec ce magistrat, un couple légendaire .
En 1998, à l'initiative de ses petits-enfants, paraîtra un ouvrage retraçant "Trente ans de police lyonnaise", souvenirs d'enquêtes que l'inspecteur Pierre Gonnard avait publiés en 1924 dans le "Lyon Républicain" .


AVEC UNE SOLDE QUI DÉBUTAIT A 100 FRANCS PAR MOIS

Il faut dire que du côté des effectifs, on ne se bousculait pas à la Sûreté lyonnaise . En 1900, elle se composait d'un chef, un sous-chef, un inspecteur principal et d'une cinquantaine d'agents . Mais s'ils étaient rares, ces derniers se distinguaient ...par leur insuffisance vestimentaire : "Chapeau melon datant d'un lointain mariage, veston fatigué, pantalons en tire-bouchons, brodequins aux larges semelles, parfois souliers vernis d'occasion aux pointe périmées, qui faisaient ressortir encore plus le délabrement du costume " .
Il faut dire que le traitement perçu n'était pas étranger à la tenue : de 100 francs par mois, notre agent pouvait espérer atteindre, au bout de 20 ans de service, 1600 francs annuellement, de l'époque évidemment (1 francs de 1900 vaut environ 3.45 €) .


D'après un article de Gérard Chauvy paru dans le progrès du 27/07/2013
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