jeudi 29 août 2013

DES ANCETRES PROTESTANTS

En raison des persécutions dont les protestants furent victimes, il n'est pas toujours possible de trouver les mêmes documents que pour les catholiques . Toutefois, et même si les sources sont dispersées, il est généralement possible de remonter les filiations .



UN PEU D'HISTOIRE

C'est la première moitié du XVI ème siècle que datent les premières actions des réformateurs qui menèrent à la création de nouvelles Églises, connues aujourd'hui sous le vocable de "protestantes"
En Allemagne et en Alsace, c'est Martin Luther (1517) qui est à l'origine de l'Église de la confession d'Augsbourf, dite Église luthérienne, tandis qu'en Suisse et dans le reste de la France Jean Calvin (1534 organisa l'Église réformée . Ces deux Églises ont eu des histoires très différentes, de sorte qu'elles doivent être abordées séparément .
Par ailleurs, seul l'Ancien Régime nous intéresse ici, car, à partir de la création de l'état civil en 1792, tous les citoyens ont été regroupés dans les mêmes registres quelle que soit leur religion


LES LUTHÉRIENS


La réforme luthérienne s'est très tôt implantée en Alsace, qui était alors intégrée au Saint Empire romain germanique . Aussi, lorsque cette province passa sous domination française, en 1648, à la suite du traité de Westphalie, Louis XIV ne put y imposer le catholicisme et luthériens n'eurent pas à subir les persécutions que connurent les réformés .
Les recherches généalogiques concernant les luthériens peuvent donc être effectuées normalement, car leurs pasteurs ont tenu des registres de baptêmes, mariage et sépultures . Toutefois, ceux-ci sont rédigés en langue allemande et en écriture gothique, ce qui en rend impossible la consultation lorsqu'on ne maîtrise ni l'une ni l'autre . Mais les associations généalogiques alsaciennes ont réalisé de nombreuses transcriptions pour mettre, à terme, le contenu de ces registres à la disposition d'un public plus large
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LES REFORMES


L'histoire des réformés sont si mouvementée qu'il n'est pas toujours possible de trouver des documents les concernant .
  • De 1559 à 1685 Organisé en 1559, le culte réformé fut aussitôt interdit . Il ne sera toléré qu'à partir de 1562 et dans certains lieux seulement . Ce n'est en fait qu'à partir de l'édit de Nantes de 1598 qu'il sera plus largement autorisé . Mais Louis XIV, après la mort de Mazarin, inaugure une politique de restrictions progressives qui s'achèvera par de brutales persécutions et la révocation de l'édit de Nantes en 1685 . Durant cette période, des registres paroissiaux ont donc été tenus par les pasteurs réformés, mais un très petit nombre seulement nous sont parvenus
  • De 1685 à 1787 A partir de 1685, les réformistes n'ont plus d'existence légale . En fait, certains se sont effectivement convertis, tandis que d'autres se sont exilés au péril de leur vie et que la majorité continue à pratiquer en secret . Cette situation durera jusqu'à l'Edit de Tolérance de 1787 par lequel louis XVI autorise l'enregistrement des actes concernant les réformés par une autorité civile et non religieuse . Ainsi de 1685 à 1787, les réformés sont souvent désigné par le terme de "nouveau converti" ou membre de la "R.P.R" (religion prétendue réformée) . Leur enfants sont baptisés de force par  les curés et on les trouve donc dans les registres paroissiaux catholiques . Par contre, les mariages sont plus rares et les réformés vivent en concubinage après avoir passé un contrat de mariage auprès d'un notaire "nouveau converti" comme eux . C'est donc dans les minutes notariales qu'il faut rechercher les mariages que l'on ne trouve pas dans les registres paroissiaux . Mais c'est au moment de leur mort que les réformés affirment le plus fortement leurs convictions . Ils refusaient la présence de prêtre qui ne pouvaient ensuit qu'enregistrer l'ensevelissement en précisant que le défunt avait persisté "dans l'hérésie de Calvin", ce qui permet aujourd'hui de n'avoir aucun doute sur ses convictions religieuses .
Pour cette période, on peut également consulter les listes d'abjuration de 1685, puisque tous y furent contraints, des liste d'enfants retirés à leur famille pour être élevés dans la foi catholique lorsque la conversion des parents paraissait trop douteuse, des listes de "nouveaux convertis" établies par les curés, des états des biens confisqués par l'administration royale à ceux qui s'étaient réfugiés à l'étranger, des états des amendes infligées à ceux qui ne fréquentaient pas les offices catholiques ou participaient à des cultes clandestins, ainsi que des rapports de police sur les personnes surveillées .

Indiquons enfin que pendant cette période, dite "du Désert" en raison des lieux isolés où avaient lieu les cultes clandestins, des pasteurs itinérants venus de Genève ont célébré de nombreux baptême et mariages qu'ils ont consignés sur les registres . Mais ceux-ci n'ont pas toujours pu être conservés .
  • De 1787 à 1792 A partir de 1787 et jusqu'en 1792, an application de l'édit de tolérance, les réformés font inscrire les naissance, les mariages et les décès dans des registres qui permettent de suivre normalement leur histoire familial . Mais on trouve en plus des registres de réhabilitation de mariage dans lesquels ils ont inscrit la date, souvent très antérieure, à laquelle ils se sont mariés et les enfants qu'ils ont eus ensemble . Ces  registres permettent souvent la reconstitution de familles entières .







D'après le Larousse de la Généalogie

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