vendredi 9 août 2013

LE DEVIN

Depuis toujours, l'homme a tenté de gagner la protection de puissances supérieures et d'avoir prise sur son destin . C'est sans doute ce qui explique la présence constante de devins dans l'histoire des sociétés humaines .
Jouant le rôle d'intermédiaire entre les forces "divines" et le commun des mortels, devins, prophète, mages et sorciers sont d'abord consultés par les élites au pouvoir, mais leur influence gagne rapidement les campagnes et demeure importante jusqu'au XX ème siècle .

LIRE L'AVENIR

La divination relève d'une volonté de dépasser les limites ordinaires de la conscience pour communiquer avec des forces surnaturelles et les utiliser à son profit . Le devin a donc partie liée avec la magie, la sorcellerie et, dans une certaine mesure, la religion . Les techniques qu'il utilise sont nombreuses . L'astrologie est en vogue au Moyen Âge, et l'étude des astres ne va pas sans celle de leur influence sur les peuples et les gouvernements . A partir du XIV ème siècle, on établit même des horoscopes personnalisés . La chiromancie (lecture des lignes de la main), la géomancie (lecture de terre ou de cailloux jetés à terre), la cartomancie, sont en vogue à partir de la Renaissance, tandis qu'un peu plus tard, les Tsiganes lisent l'avenir grâce à des aimants, des gouttes de plomb ou d'étain, du marc de café, ou encore des boules de cristal qui apparaissent au XVIII ème siècle .
Au XIX ème siècle, c'est la nécromancie (communication avec l'esprit des morts) qui connaît son heure de gloire : on fait tourner les tables, on photographie les spectres et on court après les médiums . Parfois, le voyant est inspiré par Dieu qui lui envoie des visions . C'est le cas des prophètes, des "illuminés", des "simples" ou des "fous de Dieu" qui sont légion au Moyen Âge . Ces mystiques qui expriment souvent les craintes collectives ne font pas profession de divination, mais sont des passeurs de la parole divine . L'Église ne sait comment les traiter mais, assez vite, elle s'engage contre et condamne toute diffusion de prophéties d'ordre privé ainsi que la sorcellerie .

UNE "SCIENCE" AU SERVICE DES ÉLITES

Au début du Moyen Âge, la divination est plutôt une affaire de savants et de gouvernants . Les tables astronomiques par exemple, qui réclament de nombreux calculs et qui prédisent les grands bouleversements ou les catastrophes, sont destinées aux lettrées, aux nobles et aux riches bourgeois . Les rois essaient ainsi de s'attacher des visionnaires dont certains deviennent des acteurs politiques exerçant une grande influence sur les monarques . Agrippa de Nettesham est ainsi le médecin personnel et le devin de la mère de François I er et de Louise de Savoie, Michel de Notre-Dame, dit Nostradamus, celui de Charles IX . Charles V avait d'ailleurs créé la charge de médecin astrologue du roi pour son devin Thomas de Pisan . Le "Comte de Saint-Germain", sorte de mage qui lit l'avenir dans les miroirs et les fumigations, est le favori de Louis XV qui lui installe un laboratoire à Chambord, tandis que le nécromancien Cagliostro est fréquemment consulté par Louis XVI . Ce recours des gouvernants à la divination ne s'est jamais arrêté et perdure aujourd'hui .

LES CROYANCES POPULAIRES

Rapidement cependant, la divination gagne toute la société . A partir du XIV ème siècle, les almanachs divinatoires se répandent dans les campagnes, distribués par les colporteurs itinérants . Des charlatans monnaient aussi bien leurs dons de guérisseurs que leurs potions magiques, leurs talismans et leurs prédictions . Ces voyants sont soit des gens du pays, des sorcières ou des herboristes du coin, soit des professionnels itinérants . Les Tsiganes, de ce point de vue, se taillent une grande réputation, si bien qu'au XVIII ème siècle, les termes "voyante" et "tsigane" sont peu à peu près synonymes . Non seulement ils proposent leurs prédictions, mais aussi des remèdes contre le mal d'amour, leurs mauvais sorts et les maladies . Or, si la divination fait partie de la culture traditionnelle tsigane, beaucoup de gitans profitent sciemment de la crédulité des gens . ils Officient dans les villages, mais aussi sur les foires . Leur réputation de sorciers les fait craindre en même temps qu'admirer .

SCIENCE ET OCCULTISME

La divination est longtemps considérée comme une science à part entière . La nature, les animaux, les plantes, les astres, les pierres possèdent tous une signification cachée, et l'univers est un système de symboles et de correspondances occultes . Dans cette vision ésotériques du monde, le mage se confond avec le savant . A parit du XVII ème siècle, on commence cependant à distinguer entre science et occultisme et à faire, par exemple, la différence entre magie et physique, alchimie et chimie, astrologie et astronomie ... L4académie des sciences fondée par Colbert rejette les astrologues . La théorie des probalités, inventée par Huygens en 1656, permet également de faire la différence entre prévision et prédiction . Ces avancée n'empêchent nullement les devins de prospérer et de subsister jusqu'à nos jours, mais ils n'ont plus le statut de scientifique .




 
 
 
 
D'après un article de Florence Fourré-Guibert

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