vendredi 20 septembre 2013

L'INVENTAIRE APRES DECES

L'inventaire après décès était surtout fréquent au sein des élites : noblesse, négociants, parlementaires, bourgeoisie urbaine et rurale . Mais ces documents existaient aussi pour les familles moins aisées . Ces précieuses pièces d'archives restituent notamment les intérieurs de nos ancêtres, et sont autant d'indications sur leur mode de vie .


LA LÉGISLATION ACTUELLE


Rien de tel qu'un inventaire après décès pour connaître le milieu social et l'environnement quotidien d'un ancêtre . Sous l'Ancien Régime, sa rédaction était confiée à un notaire ou au jureur-priseur . De nos jours, ces inventaires sont aussi en principe dressés soit par un notaire, responsable envers le fisc de la sincérité des inventaires, soit par u commissaire-priseur . Le Code Civil impose la rédaction d'un inventaire après décès dans certains cas, par exemple :
  • à l'usufruit (qui jouit d'un bien sans en être propriétaire ) au début de l'usufruit ;
  • au tuteur;
  • au conjoint survivant, sous peine, s'il y a des enfants mineurs, de déchéance de l'usufruit légal ;
  • à l'héritier qui veut accepter la succession "sous bénéfice d'inventaire .


L'INTÉRIEUR DES ÉLITES


Les inventaires des élites, de la noblesse ou de la haute bourgeoisie urbaines par exemple, montrent nombre d'objets précieux, tels des miroirs, qui figurent aux XVII et XVIII ème siècle parmi les objets les plus "prisés", du mobilier estampillé Jacob ou Boulle, un pianoforte, une harpe, des cartels, des pendules, un secrétaire à tambour, une table de trictrac, des tableaux .....
Ces familles jouissaient indéniablement d'un certain niveau de richesse . Pour une estimation plus fine, il faut comparer ces inventaires avec d'autres datant de la même période, documents publiés dans certains ouvrages spécialisés .

Des généalogies de porcelaine

Certains de ces objets ont été transmis de générations en générations . Parmi eux, les pièces d'argenterie armoriée ou les couverts de table chiffrés peuvent constituer un vrai matériau généalogique . Tout comme les noms inscrits sur les toiles de tableaux ou sur de petite plaques de cuivre doré . Sur telle chocolatière d'époque Luis XV, par exemple, les armoiries écartelées font mention des quartiers du propriétaire : ses quatre grands-parents, ses huit arrière-grands-parents . Assiettes, tasses ou soupières de la Compagnie des Indes constituent même de véritables généalogies de porcelaines avec la couleur des émaux, alors les armoiries gravées dans de l'argent massif ne font que suggérer les couleurs en vertu d'un système de gravure héraldique : des traits horizontaux pour azur (bleu), oblique pour sinople (vert), des points pour or (doré) ....

L'intérieur plus classique

Le tiers état représentant 95 % de la population avant 1789, il y a de grandes chances pour que le mobilier ancestral ne soit somme toute qu'assez banal .
Dans les inventaires de la petite ou moyenne bourgeoisie rurale, on trouve par exemple nombre d'ustensiles de cuisine : des landiers, ou chenets dont la partie haute contient des récipients où l'on gardait au chaud les sauces pour qu'elles ne figent pas ; des chaudrons de cuivre rouge ou jaune, qui provoquaient parfois des intoxications au vert-de-gris ; des lèche-frites ; des casseroles de cuivre ou de fer blanc . On y trouve des lits avec matelas de laine (deux ou trois par lit pour les plus riches), ou de simples matelas de paille, ou "paillasse", chez les moins aisés . On y énumère des traversins de plume ou de crin ; des coussins, des oreillers, des "ciels de lit", des moustiquaires, des couvertures de laine . Ces dernières étaient données naguère à la mariée ou simplement prêtées pour un dizaine d'années, lesdites couvertures devant ensuite revenir à la "masse successorale" à la mort des parents, en vertu du contrat dotal de l'épousée ! On y trouve des "draps de maître" en étoffe fine et des "draps de domestique" en drap grossier . Ici, les meubles sont rustiques, ce sont essentiellement des tables, des bancs ou des coffres, qui servent aussi bien à s'asseoir qu'à ranger ses affaires, mais ni commodes ni bibliothèques de prix ....


LES "TRÉSORS" DES BROCANTES


Les brocantes font l'objet aujourd'hui d'un engouement populaire, exactement parallèle à celui de la généalogie . Ce n'est pas un hasard . En rachetant un vieux pétrin sur une route de Bresse ou un lit clos breton, l'acquéreur originaire de la région a d'une certaine manière l'impression de "rentrer" dans ses meubles . Ce n'est peut-être pas tout à fait faux .
Dans les familles nobles, nombre de meubles, bien que partagés entre les enfants à parts égales, sont souvent restés dans les villages ...
Si on remonte en 1760, chacun de nous a 1024 ancêtres directs, et, s'ils sont tous originaires d'une même région, il n'est pas impossible que tel ou tel meuble ait effectivement appartenu à l'un des 512 couples dont on descend . Il est conseillé de se renseigner auprès du brocanteur . Où l'a-t-il acheté ?
Dans quel village ? Dans quelle maison ? En retournant à la mairie, en consultant le cadastre, il n'est pas impossible d'obtenir la certitude que ce meuble bas-normand appartenait bien aux Fauchon venant de l'actuelle Fauchonnière ou aux Paris sortis de l'actuelle Parisière, toutes deux dans la région de Coutances .....






                                                      Exemples d'inventaire après décès



Extrait du Larousse de la généalogie





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