mardi 1 juillet 2014

L'EAU DANS LES TOPONYMES

Indispensable à la vie, l'eau est à l'origine d'un très grand nombre de toponymes . Les termes pour la désigner sont variés : chaque période historique et chaque région a laissé les siens . 
Il faut cependant distinguer deux axes de recherche concernant les hydronymes : celui qui étudie les noms de lieux issus de termes se rapportant à l'eau et celui qui s'attache aux noms des rivières . 



SOURCES ET FONTAINES 



Nombreux sont les lieux-dits qui portent simplement le nom de "La Fontaine" ou "La Source", ou un toponyme en font (fon, fond, fonte, hon, honta, hounta), augmenté parfois d'un adjectif ou d'un patronyme faisant référence au propriétaire ou au voisin de ladite source : Bonnefond, Clairefond, Fombaysse (fontaine aux noisetiers), Fonpudie (fontaine malodorante), Frèjefond (froide fontaine) ...Sources et fontaines ne recoupent pas tout à fait la même réalité, puisque la première est plutôt sauvage tandis que la seconde est aménagée . Quant au mot citerne, il désigne une réserve d'eau . A côté de ces termes facilement repérables, il en existe beaucoup d'autres moins évidents dont nous ne pouvons donner que quelques exemples . Bignon ou beugnon, d'origine gauloise, Borde, bourbe, borme, bourme, vourme se retrouvent dans le nom de certaines stations thermales comme la Bourboule ou Bourbonne les Bains et se réfèrent à la divinité gauloise des sources . Leurs sens est ambigu, car ils désignent soit une source franche, soit le bourbier qui l'entoure . Goutte se décline en goutevernisse ou Gouttefarde . 
Les termes régionaux sont légions comme chaudanne qui désigne, dans les Alpes, une source qui se réveille à la fonte des neiges, ou iturri dans le pays basque . Certains noms sont trompeurs . Aisi il arrive que le mots Dieu ou Marie désignent des sources, l'eau étant associée à la vie : Combaldieu désigne le vallon de la source et Luc Marie, la source du bois . 



RIVIERES ET MARAIS 



Là encore, les termes en rapport avec l'eau, qu'elle soit courante ou non, sont beaucoup trop nombreux pour qu'o les évoque tous ici . Les plus évidents se rapportent au latin aqua, comme aygue par exemple, qui donne Chaudes Aygues ou Aigue Morte . D'autres sont moins parlants pour le profane . Anne évoque une rivière dans le Mortagne . Bach d'origine germanique est présent en Alsace tandis que bec s'épanouit en Flandres et en Normandie et que couze est plutôt employé dans le Massif central et gave dans les Pyrénées . Mais on peut citer encore glane, nant qui veut dire à la fois vallée et cours d'eau . Le palud, qui a donné paludisme, est un marais de même que la sagne mais celui-ci peut aussi être désigner par beune, bige, fraîche . La boire est plutôt une mare, comme la bonde . 



LES AUTRES TERMES EN LIEN AVEC L'EAU 



Malgré de nombreuses côtes que compte le pays, les termes de mer sont assez rares . Peut-être faut-il se rappeler que la navigation reste longtemps peu développée . On se tourne plus vers la terre que vers les côtes qui demeurent peu habituées et donc peu nommées . Il existe quelques termes pour les méandres, les confluents ou les cascades . 


LES NOMS DE RIVIERES 


Beaucoup sont formés à partir des termes indo-européens se rapportant à l'eau : dor pour la Dordogne, ou la Durance, var pour le Gard, pour le Rhône, ar pour l'Arc . Mais d'autres évoquent autre chose . insi, l'Aube vient du latin albus, blanc brillant, l'Indre, anciennement l'Angerem, vient d'anger qui signifie prairie, la Bièvre fait référence au castor et la Sèvre au saule . Par ailleurs beaucoup de noms de rivière ont une origine incertaine . La Seine doit sans doute son nom au suffixe gaulois onna ou ina, rivière, sans qu'on en sache plus . Quant à la Loire, son nom Liger, n'est pas déchiffré même si certains le raccrochent aux racines préceltiques, leg ou lekr, eaux stagnantes, limon . 







Fontaine de Vaucluse, la Sorgue se trouve à quelques centaines de mètres de sa source 





Généalogie : recherchez vos ancêtres, publiez votre généalogie, consultez l'état civil ... Trafic Booster