dimanche 28 septembre 2014

LES TOPONYMES MINIERS

Si elle s'est beaucoup développé au XIXe siècle pour servir les besoins énergétiques de l'industrie naissante, l'activité minière est avérée en France depuis l'Antiquité ce qui explique que les toponymes qui lui sont liés soient parfois anciens . 
Les toponymes miniers peuvent être divisés en deux grandes catégories : ceux qui mentionnent la présence d'une mine en général et ceux, plus précis, qui caractérisent les différents sites d'une même exploitation . 



LA MINE 



Une exploitation isolée peut être appelée tout simplement La Mine, mais à ce terme s'ajoute souvent un autre mot, nom de lieu ou de personne ou encore des adjectifs . La Minette est ainsi une petite mine, et La Mine Noire une exploitation de charbon . Ce terme "mine" se généralise à partir du XVIIIe siècle, ais auparavant, lui et sa variante occitane ména désignent plutôt le filon ou la couche que l'ensemble de l'exploitation, appelée alors minière ou menaria . On trouve ainsi des toponymes commes Les Mènes Ménières, le Mas de la Minière ou encore la Meynière . 
A partir du XIXe siècle, les toponymes liés aux nouvelles installations minières ne remplacent pas les anciens noms de lieux, mais signalent les récentes transformations des villages . La Mine devient alors le nom d'un quartier neuf ou d'une rue ou encore d'une cité . Parfois le terme "mine" cède la place à des mots désignant plus généralement des cavités ou des souterrains comme La Fosse, La Baume (grotte, tanière), Le Cros (creux), Crouzas, la Gaune (grotte) pour n'en citer que quelques-uns .Seul un déplacement s'il s'agit d'une cavité naturelle ou d'une ancienne exploitation . 


LE SOUS-SOL


Parfois la mine est désignée par le matériau qu'elle exploite . Ainsi, Largentière était probablement une mine d'argent , mais, attention, argentum peut aussi marquer la couleur claire de la pierre du cru ou d'une rivière, comme c'est probablement le cas pour Argenteuil, par exemple . La Ferrière est un toponyme trop répandu pour qu'il corresponde chaque fois à une mine de fer et il désigne souvent une forge . Sa variante germanique eisen a donné Eisenbach, la rivière de fer ( en référence à sa couleur et non parce qu'elle contient du fer) et Eisenberg, la montagne du fer, qui, cette fois-ci, est liée à une mine . Gypières ou Gpières semblent bien signaler une exploitation de gypse, et Solpérière, une de salpêtre . Le latin aurum, l'or, a pu donner aussi quelques toponymes . Quant aux noms de lieux liés au charbon, il faut s'en méfier, car ce charbon a longtemps été produit à partir de bois et les Charbonniers, Les Charbonnières et autres Carbounières désignent, dans leur majorité, des lieux fréquentés par les charbonniers et non des exploitations minières . Parfois, c'est simplement la couleur de la terre qui nous renseigne . Ainsi en va-t-il des Terres-Rouges (fer) ou des Terres Noires ou Tarragnères (houille) . 


LES LIEUX AFFERENTS AUX MINES 


Certains vieux toponymes ne désignent pas la mine directement, mais les installations qui en dépendent . Certains moulins sont ainsi utilisés pour broyer les minerais : Le Moulin, La Mouline, La Moulinasse ou encore La Rode (pour la roue) ou Les Malines, Les Malières, noms dérivés de l'ancien français mail, le marteau . Même sens pour Martinet qui peut aussi désigner une forge tout comme Fargue, La Fabrègue, La Forgerie, La Faurie ...Certains toponyes portent la trace des rebus de l'activité minière : Caguefer évoque le mâchefer, et le Trucal pourrait dériver de caralh, la scorie . Les logements ouvriers sont présent aussi dans les noms de lieux avec des mots comme caserne, camp ou cité . 



L'INVENTION DE LA TOPONYMIE DANS LES MINES 


A l'intérieur même de l'espace minier se crée peu à peu une toponymie spécifique qui permet à chacun de désigner les diverses zones de travail, en surface et sous terre . La formation de ces toponymes assez récents (XIXe et XXe siècles) obéit alors à des motivations diverses . Elle peut rendre compte de la spécificité de l'endroit à nommer en rappelant un détail naturel ou un événement précis comme dans Le Trou du Mulet . Elle peut aussi lier un site à un nom propre, celui du directeur, d'un ingénieur, d'un ouvrier . A partir des années 1850, les noms de saints sont fréquents pour distinguer un puits ou une couche, sans doute par dévotion et désir de protection . On utilise aussi des prénoms féminins qui tiennent lieu de classement alphabétique des couches . Enfin, beaucoup de désignations sont numériques par ordre d'apparition lors des forages : on aura alors la couche n°1 du Puits Untel, puis la couche n°2 et ainsi de suite . Ces nombres font parfois état de la profondeur des couches et l'on obtiendra par exemple la galerie -80 .










La rue principale de Montceua-les Mines occupée par la troupe pendant les grèves 


Vues des ruines de Nanteuil-la-Fosse 


Hauts-fourneaux de Firminy











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