vendredi 10 octobre 2014

LES TOPONYMES DES LIEUX FORTIFIES

L'installation du système féodal au Moyen Âge comme l'insécurité provoquée par les querelles entre suzerains et les invasions diverses expliquent le nombre important de forteresse dans notre pays .

Ces forteresses sont rarement restées isolées et ont donné naissance à des villes qui parfois ont pris leur nom . D'autres ont disparu et ne subsistent qu'à travers les toponymes qu'elles ont engendrés .



LE CHÂTEAU


Lorsqu'on parle de lieux fortifiés, le premier mot qui vient à l'esprit est celui de "château" qu'on retrouve en effet dans beaucoup de toponymes, assorti d'un qualificatif ou du nom du maître de la forteresse :Chateaubriand, Châtellerault (le château d'Ayraud), Châteauroux (le château de Raoul Le Roux)...Le mot vient du latin castrum, la forteresse, qui s'est mué en castel et en chastel au Moyen Âge . Les variantes sont nombreuses, chasteau, châtel, câteau, câtel, câtillon, châtelet, castet, castera, et elles ont donné beaucoup de toponymes divers : Francastel, Châtillon, Le Castelet, Castres, Caylus ...Le château peut aussi être désigné par d'autres termes comme la motte (La Motte Beuvron), les mottes féodales étant les premières forteresse érigées en bois au Moyen Âge, ou la roche (Puy-la-Roque, Rochefort, Roquefort, La Roche-Bernard) qui insiste sur le promontoire où on a construit la forteresse, la ferté (La Ferté-Saint-Aubin) ou le fort (Montfort, Belfort), du latin fortia, le fort ; ou encore le plessis, la palissade, dont le sens a glissé de "lieu clos" à "lieu fortifié" . Certains mots sont plus régionaux tels jaure (Jauralde) qui en basque veut dire château ou palais, brétêche (La Brétêche) surtout usité en Bretagne ou Scloss (Sclossberg) en alsacien . Le vieux gaulois dun (Châteaudun), la forteresse, se retrouve aussi parfois .



LE BOURG



Bien plus que le château, le mot bourg, du bas latin burgus, qu'on entend aujourd'hui comme petite ville, désigne à l'origine une localité fortifiée . Ce n'est que plus tard qu'il a pris en milieu rural le sens de "centre de la paroisse" où se situent en général l'église et les commerces . Il faut rappeler en effet qu'au Moyen Âge, nombre de petites localités possèdent, à défaut d'un château, des murs parfois modestes, mais bien réels . A l'inverse, beaucoup d'agglomérations se sont aussi constituées autour des châteaux . Le lien entre fortifications et urbanisation est donc très fort et il n'est pas étonnant qu'un même terme ait pu désigner l'un et l'autre . Les toponymes formés à partir de bourg et de ses variantes sont donc très nombreux, mais, attention, tous n'indiquent pas la présence d'une forteresse : certains, les plus récents, sont utilisés dans le seul sens d'agglomération . Ce n'est pas le cas de Cherbourg, par exemple, ou encore de Bourgdun, qui signalent bien une forteresse .



LES AUTRES MOTS LIES AUX FORTIFICATIONS



Le château peut être évoqué non pas dans son ensemble, mais à travers l'un de ses composants, par exemple la tour, ou la garde, le guet, ou encore mirande qui tous signifient aussi tour . Le merle évoque quant à lui, le créneau tandis que mur, s'attachent aux murailles . Le fossé et la douve sont souvent utilisés dans les microtoponymes où, d'ailleurs, il ne désignent parfois qu'un simple trou d'eau . Les mots évoquant l'idée d'une fortification en dehors de ceux liés directement aux châteaux et aux bourgs sont par ailleurs légion . Certains insistent sur la force de la ville comme gaillard (Brive la Gaillarde) issu de galia, la force, la solidité . D'autres mettent en avant la sécurité qu'offrent les murailles tels sauvetat, sauveté, salvetat, tous dérivés du latin salvus, sauf, encore ségur, séguret, ségurel (Mont Ségur, Ségur le Château, Montsûr), du latin securus, lieu où on se trouve en sécurité .



LE CAS PARTICULIER DES BASTIDES



Dans le Sud-Ouest, les bastides sont des villes fortifiées qui présentent un plan circulaire : les maisons adossées les unes aux autres s'ouvrent vers l'intérieur du village, et leurs murs arrière, dépourvu d'ouvertures, constituent une sorte de muraille . Le mot bastide est donc souvent lié à une fortification quand il est appliqué à une ville, mais il désigne aussi, à partir du XVIe siècle, une maison de campagne, sens qu'il faut le plus souvent retenir lorsqu'on le trouve dans des microtoponymes . Par ailleurs, les bastides étant souvent des villes neuves jouissant de certains privilèges, comme celui de s'administrer elles-mêmes ou d'être exemptées de certains impôts, elles se nomment souvent Villefranche ou Villeneuve, l'accent étant mis sur le statut juridique du territoire plutôt que sur son aspect défensif .




                                                   La statue de Napoléon 1er et l'église de la Trinité à Cherbourg 



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