dimanche 23 novembre 2014

JARDINS ET VERGERS DANS LES TOPONYMES

Le potager et le verger, généralement réunis au même endroit, fournissent à nos ancêtres une part importante et indispensable de leur alimentation et sont donc présents partout . 

Les toponymes qui leur sont associés peuvent donc se retrouver aussi bien en ville qu'à la campagne et désigner la mémoire du potager courant comme celle du grand jardin d'un château ou d'une abbaye . 


LE JARDIN : LATIN OU GERMANIQUE ? 


Le mot jardin, que nous employons actuellement, est un terme issu du germanique bigardium, qui s'est imposé au XIIe siècle et qui s'est formé à partir de bei, près et de gard, jardin qui a donné garten en allemand ou garden en anglais . Il désigne un terrain situé près de la maison, là où, en effet, étaient souvent cultivés les légumes . Cette association entre la maison et le potager se retrouve d'ailleurs dans d'autres toponymes qui font aussi référence au jardin . 
Tel que, le mot jardin est assez peu présent dans les toponymes, mais les noms de lieux gardent parfois mémoire de son étymologie à travers des termes comme le Bigard, le Biard, ou Le Bialr ou encore le Jard, Le Jart, La Gart, La Gard, Le Jarte ou Le Jarthe . Avant le XIIe siècle et le succès du germanique, on utilise plusieurs ort qui se retrouve dans les microtoponymes sous les formes suivantes : hort, hourt, or, orthe, horte ou encore hourtoule . Tous sont issus du latin hortus, ce terme étant lui-même probablement dérivé de l'indo-européen ghortos qui signifie "la haie", "l'enclos" et qui exprime le fait, qu'en effet, la plupart des jardins étaient clos de murs ou de barrières pour empêcher les bêtes de venir y faire des dégâts et pour souligner le caractère privé de ce lieu, objet de toutes les attentions . 


UN LIEU CLOS 


Le mot courtil, très souvent utilisé pour désigner aussi les jardins, exprime ce caractère clos du potager . On le retrouve dans de nombreux microtoponymes comme Le Courtil, Le Curtil, Le Courty, Le Courtial, Les Courtiaux, Les Courtieux, Les Courtioux ou encore La Courte, mais aussi dans quelques noms de bourgades ou de villes parmi lesquelles on peut citer Osly-Courtil dans l'Aisne . Le mot vient du bas-latin cohortile, lui-même issus de cohors qui veut dire enclos . Le mot cour, qui sert de base à beaucoup de noms de lieu, vient aussi de là, et conforte le lien entre le jardin et l'économie domestique de la maison . Une cour masure, en Normandie par exemple, désigne un vaste espace clos de talus et de haies où se trouvent tout à la fois, la maison, les bâtiments d'exploitation et d'élevage, le potager, le verger et un coin de pâture pour le veau . 


LE VERGER 


Dans la France d'autrefois, le verger est souvent associé au potager et les fruits qu'il produit servent à la consommation de la famille ou à la fabrication de l'eau de vie . Le mot apparaît au XI e siècle et vient du latin viridarium, le lieu planté d'arbres . Ses variantes, verdier, verdière, verde, sont présentes dans les noms de lieux-dits ainsi que verchère, verchière, berquière, berquier ou encore verdeure ou berdure qui font plutôt référence à la couleur verte du verger . Ils peuvent aussi se rapporter plus largement à un bois ou à une forêt . Un autre terme, fruitier, fait bien sûr référence aux fruits et vient du latin fructus . On le trouve dans les toponymes sous les formes Le Fruchier ou Le  Frigier


LE POMMIER 


Certains toponymes ne font pas référence au verger tout entier, mais à un arbre fruitier en particulier, soit que celui-ci ait été particulièrement remarquable, soit qu'on ait voulu désigner un endroit planté d'une seule espèce . Le pommier a ainsi donné son nom à plus de 1300 lieux dans toute la France . Le mot lui-même vient du latin pomarium, l'arbre fruitier en général, qui a donné quelques variantes comme poumier, ponnier, poume ou ponne . Mais d'autres mots désignent le pommier comme aballe et ses formes dérivées : avalle, aval, balle, valle . Beauvallet par exemple, ne veut pas dire toujours dire la belle vallée mais, parfois, la grande ou la belle pommerais . Apfeldorfer signifie quant à lui le village des pommiers, apfel désignant la pomme en alsacien . Une autre forme assez fréquente, male, a donné par exemple Malignac et vient du latin mala, les pommes . Croyer ou croye sont aussi utilisés ainsi que creusier, creuzier, ou croisier, croille, creuille, creulle ou croise . Ces termes font plutôt référence à des pommiers sauvages, donnant des fruits âpres, car ils viennent du gaulois crodios, amer . On peut coter enfin le basque sagar, qui a produit par exemple Sargadia, Sargardoy ou encore Sagarzazu . 








La pomme subsiste dans de nombreux toponymes comme Avallon dans l'Yonne 






Comme l'évoque cette représentation des Chartreux, la proximité de la maison et du jardin potager 









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